Friday, July 25, 2008

Rencontre des dirigeants syndicaux avec l’ambassadeur du Canada

En tournée en Colombie, les dirigeants syndicaux du secteur public ont rencontré l’ambassadeur du Canada au cours d’un déjeuner-causerie le 22 juillet à Bogota. Les discussions ont achoppé sur la question du libre-échange.

Pendant deux heures, les quatre dirigeants et l’ambassadeur, Mathew Levin, ont échangé des points de vue divergents sur « la réalité colombienne », selon l’expression utilisée par M. Levin. Ils se sont entendus sur bon nombre de problèmes touchant ce pays d’Amérique du Sud, mais les dirigeants syndicaux n’ont pu se rallier à l’opinion de l’ambassadeur sur le projet du traité de libre-échange canado-colombien.

« Le libre-échange n’aidera pas la situation des pauvres et des opprimés en Colombie », a déclaré un dirigeant. « Le libre-échange ne va pas améliorer les droits de la personne, surtout pour les millions de personnes déplacées », a ajouté un autre dirigeant. « Le libre-échange doit prendre appui sur le commerce équitable qui respecte les droits des gens », a poursuivi un troisième dirigeant. Enfin, un quatrième dirigeant a indiqué qu’il fallait mettre les Canadiennes et Canadiens « au courant de l’autre version de l’histoire du libre-échange canado-colombien ».

« Selon nous, le traité de libre-échange ne peut rien pour régler le grave problème de la violence en Colombie. Le conflit n’a pas servi à régler les problèmes de pauvreté, l’absence de justice sociale et l’exclusion. Il a plutôt favorisé la polarisation, l’intolérance et le manque de confiance. Et les régions les plus durement touchées par le conflit se trouvent justement là où il existe des relations quasi féodales. »

« Nous sommes également préoccupés par les importants déplacements de personnes, a répondu l’ambassadeur Levin. Notre fonds pour la sécurité et la paix dans le monde vise la mise sur pied d’un processus de vérité et de justice. En ce moment, nous mettons l’accent sur les enfants et les jeunes qui ont été exclus du système d’éducation à cause de déplacements dus à la violence. »

« L’engagement du Canada doit être équilibré et comporter plusieurs volets, a poursuivi Levin. Il ne peut se limiter au commerce et à l’économie. Tant que le pays n’aura pas réglé ce conflit qui dure depuis 50 ans, la situation ne fera qu’empirer. »

Sur la question de la responsabilité sociale, M. Levin a déclaré ce qui suit : « Cette question revient sans cesse sur le tapis. On nous demande d’y prêter encore plus d’attention. Mais il n’en demeure pas moins que les entreprises canadiennes accordent aux travailleurs et travailleuses de la Colombie le même traitement qu’elles réservent aux travailleurs et travailleuses du Canada. » Ce dernier point a soulevé l’indignation des dirigeants syndicaux, qui ont entendu un tout autre son de cloche de la part de syndicalistes colombiens.

Sur la question de l’économie colombienne, l’ambassadeur canadien a dit ceci : « Le gouvernement sait que la réalité colombienne n’est pas idéale. Il y a de la pauvreté, de la violence et les services sont difficilement accessibles. » L’ambassadeur a convenu qu’une table ronde sur l’économie n’avait pas produit « les résultats escomptés de la part de l’industrie extractive », mais a-t-il ajouté « nous suivons de près les échanges commerciaux et les investissements. »

Quant aux nombreux assassinats de syndicalistes, il a indiqué : « Personne ne met en doute la gravité de la violence contre les syndicalistes en Colombie. L’accord de coopération dans le domaine du travail qui accompagne le traité de libre-échange exige des partenaires qu’ils respectent la primauté du droit. » Il a toutefois reconnu que les meurtriers agissaient en toute impunité.

Les dirigeants syndicaux ont relevé les articles parus dans les médias récemment et qui indiquent que l’Accord de coopération dans le domaine du travail comprend une proposition voulant que le gouvernement colombien paie une amende chaque fois qu’un syndicaliste est assassiné. M. Levin a répondu que le gouvernement n’était pas d’accord avec une telle proposition.
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Plus tard dans la journée, les dirigeants ont rencontré un groupe de leaders syndicaux colombiens avec qui ils ont discuté de privatisation, de l’absence de droits à la négociation collective et de compressions dans les services publics. Parmi les secteurs représentés, il y avait : les services municipaux, la santé et la sécurité sociale, les services postaux et le bureau de l’ombudsman des droits de la personne.

Au cours de la séance de travail de deux heures, toute une série de griefs a été dressée contre le gouvernement Uribe, en particulier son offensive en faveur de la privatisation, ses tentatives d’élimination des syndicats, les menaces à la vie des syndicalistes et l’état lamentable de la libre négociation collective.

« Il n’est pas rare de voir de jeunes caissiers qui travaillent sans être rémunérés. Pour se faire payer, ils demandent un pourboire aux clients », a déclaré un syndicaliste. « Le président Uribe n’a ménagé aucun effort pour vider le pays des syndicats », a poursuivi un autre.

« Une Gestapo nationale est en train de se former », ajoute un autre dirigeant syndical colombien. Avec sa politique « du pardon et de l’oubli », le président Uribe a permis aux paramilitaires démilitarisés de se tailler une place dans toutes les institutions du pays. »

Une dirigeante syndicale a remercié le SCFP de l’avoir sensibilisée à l’équité salariale. « L’équité salariale est maintenant au cœur de nos négociations avec les municipalités », a-t-elle ajouté.

Un avocat qui assistait à la réunion a présenté des statistiques brutes : 4 millions de personnes déplacées (1,7 million depuis l’arrivée d’Uribe au pouvoir); 15 000 disparues; 3 000 kidnappées; 20 000 assassinats politiques au cours des 20 dernières années (12 500 depuis la première élection d’Uribe); 6 500 détentions arbitraires au cours des six dernières années.

Chez les syndicalistes : 2 600 ont été assassinés (un tous les trois jours depuis 1986, 467 sous le gouvernement Uribe); 194 ont disparu et 7 200 ont subi une agression. Les chefs paramilitaires ont admis 58 meurtres, mais ils s’en tirent en toute impunité dans 97 % des cas.

« C’est l’État qui tue les syndicalistes », a conclu l’avocat. Selon un autre intervenant, « la plupart du temps, les meurtres surviennent quand il y a un conflit de travail ».

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Les dirigeants syndicaux canadiens sont Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique, John Gordon, président national de l’Alliance de la fonction publique du Canada et George Heyman, vice-président international du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public.

Cette semaine, le groupe poursuit sa tournée. Au programme, des réunions et des visites au cours desquelles ils discuteront des droits de la personne, des droits dans le domaine du travail, s’informeront des conditions de travail et échangeront des points de vue sur le libre-échange et l’absence de garanties en matière de droits du travail et de droits de la personne. Les dirigeants syndicaux prévoient s’entretenir avec l’ambassadeur canadien sortant, de hauts fonctionnaires et des membres de l’opposition. Avec des syndicalistes du secteur public, ils discuteront aussi de privatisation et d’autres problèmes.


Les dirigeants seront de retour au Canada le 25 juillet.

Les dirigeants syndicaux visitent une collectivité de déplacés afro-colombiens installés à Cali

Le 20 juillet dernier, dans le cadre de leur tournée en Colombie, les dirigeants syndicaux du secteur public du Canada ont visité la collectivité afro-colombienne d’Agua Blanca, à Cali. La population noire de la Colombie occupe le deuxième rang en importance, en Amérique du Sud, derrière celle du Brésil. Ce que les dirigeants y ont vu les a désolés et atterrés

Environ 1,5 million de personnes vivent à Agua Blanca, soit plus de la moitié des 2,5 millions d’habitants de la ville de Cali. Une grande partie des habitants d’Agua Blanca vivent dans des conditions sordides. Il est presque impossible de circuler en automobile dans ses rues très étroites et dans certaines parties du quartier, les rues se transforment en égouts à ciel ouvert.

Les enfants courent partout. Il n’y a pas d’école. Il n’y a presque pas d’eau potable, d’électricité et autres services pour ces habitations improvisées. En grandissant, les enfants se mettent à consommer un extrait de cocaïne appelé basuco. Dès que la nuit tombe, des gangs rôdent dans les rues.

Les dirigeants syndicaux sont entrés à l’intérieur d’une construction de briques délabrée, où une pièce était divisée en deux par un rideau. Dix-huit personnes y habitent. Parmi eux, une mère célibataire et ses enfants, qui étaient intimidés de faire la connaissance d’étrangers. Ils ont dit craindre les représailles de la part de certains groupes de la collectivité qui les perçoivent comme des intrus.

Plus on s’enfonce dans les rues d’Agua Blanca, plus les familles déplacées sont pauvres. Dans une construction de bois, les dirigeants syndicaux ont discuté avec une femme, aujourd’hui grand-mère. Son mari a été assassiné par un escadron de la mort des paramilitaires, et on leur a dit, à elle et à ses enfants et petits-enfants, qu’ils devaient quitter leur localité, située en milieu rural.

Son cas n’est qu’un exemple d’une situation bien connue. En effet, des entreprises, dont certaines ont été créées par d’anciens leaders paramilitaires, obligent les gens à quitter leurs terres pour céder la place à des sociétés minières, à des activités d’écotourisme ou à d’autres activités lucratives. Aucune indemnité ne leur est versée. Les familles d’Agua Blanca arrivent dénuées de tout et ont peu d’espoir de trouver du travail. Certains qualifient ce processus d’ethnocide, c’est-à-dire la destruction systématique de collectivités.

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Plus tôt dans la journée, les dirigeants syndicaux ont appris, d’un avocat qui s’occupe des Afro-Colombiens, que les Noirs sont les plus pauvres parmi les personnes déplacées. Ils sont victimes depuis des années de discrimination et de violence de la part de groupes armés, qui se trouvent de part et d’autre du conflit, c’est-à-dire les forces armées, les paramilitaires et les FARC.

« Au début, les paramilitaires les expulsaient de leur domicile », a affirmé l’avocat. « Ensuite, ils ont utilisé des hélicoptères pour épandre des herbicides. » La fumigation aérienne est supposée servir à éradiquer les plants de coca, utilisés pour fabriquer la cocaïne, mais il s’agit en même temps d’un moyen pour obliger les gens à abandonner leurs terres.

Décrivant la brutalité des escadrons de la mort, l’avocat a affirmé que ces derniers découpaient les corps, les mettaient dans des sacs qu’ils jetaient dans la rivière. Personne n’avait le droit de toucher aux sacs. Lorsque la rivière se rétrécissait, les corps démembrés étaient éparpillés sur la rive pour rappeler aux gens les tactiques de terreur utilisées par les paramilitaires. La même chose se produisait le long des routes.

Un autre Afro-Colombien a dit aux dirigeants syndicaux que les paramilitaires patrouillaient les voies navigables et contrôlaient l’accès à la seule route que les gens de la région pouvaient emprunter pour se procurer de la nourriture. Il a déclaré que si quelqu’un avait un sac de riz en descendant la rivière, et, qu’au retour, il ne l’avait plus, les paramilitaires l’accusaient de l’avoir donné aux guérilleros. Une autre personne a déclaré que les paramilitaires avaient privatisé les rivières et les avaient contaminées à l’aide d’engrais et d’autres produits chimiques.

Les dirigeants syndicaux se sont également entretenus avec des membres du personnel et des bénévoles de NOMADESC, une organisation non gouvernementale soutenue par le SCFP et le syndicat des fonctionnaires de la Colombie-Britannique, affilié au SNEGSP. Cette ONG travaille avec la population d’Agua Blanca et d’autres collectivités de déplacées, leur fournit des conseils juridiques, de la formation et d’autres services tout en agissant à titre de porte-parole et en les aidant à se mobiliser pour opposer leur résistance.

La dirigeante de NOMADESC, Berenice Celeyta, a déclaré aux dirigeants syndicaux que son organisation se déplace dans le quartier pour faire connaître sa position. Mme Celeyta a déclaré aux dirigeants syndicaux que NOMADESC partage avec eux de nombreuses préoccupations relativement au projet d’accord de libre-échange entre le Canada et la Colombie. Elle a ajouté que personne des collectivités de déplacés n’avait été consulté et qu’aucun respect n’avait été témoigné aux Noirs ni aux Autochtones et autres groupes qui ont été déplacés par la force des bulldozers, dont les propriétaires reçoivent l’appui du gouvernement, et qui arrivent pour piller leurs terres.

Elle a ajouté qu’en Colombie, il est interdit d’aller à l’encontre du point du vue du gouvernement. Si quelqu’un ose avoir une opinion contraire, cette personne est alors ciblée et se fait persécuter. Pendant qu’elle parlait, une manifestation monstre pour la paix passait devant le bureau de NOMADESC. Des millions de Colombiens exprimaient au monde entier leur souhait de voir la violence qui continue d’affliger leur pays prendre fin.

Un autre Afro-Colombien a expliqué la situation à laquelle sa collectivité fait face : « Nous sommes les descendants des esclaves arrivés ici il y a 400 ans. Aujourd’hui, nous sommes à nouveau des esclaves. Nos enfants ne peuvent pas aller à l’université, n’ont aucun loisir organisé et n’ont aucun avenir. »
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Les dirigeants syndicaux canadiens sont Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique, John Gordon, président national de l’Alliance de la fonction publique du Canada et George Heyman, vice-président international du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public.

Cette semaine, le groupe poursuit sa tournée. Au programme, des réunions et des visites au cours desquelles ils discuteront des droits de la personne, des droits dans le domaine du travail, s’informeront des conditions de travail et échangeront des points de vue sur le libre-échange et l’absence de garanties en matière de droits du travail et de droits de la personne. Les dirigeants syndicaux prévoient s’entretenir avec l’ambassadeur canadien sortant, de hauts fonctionnaires et des membres de l’opposition. Avec des syndicalistes du secteur public, ils discuteront aussi de privatisation et d’autres problèmes.

Les dirigeants seront de retour au Canada le 25 juillet.

Les dirigeants syndicaux soutiennent que le libre-échange nuira à la Colombie

Lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée le 24 juillet dernier à Bogota, les dirigeants syndicaux du secteur public du Canada ont affirmé qu’un accord de libre-échange avec la Colombie entraînerait une hausse des cas d’abus commis en matière de droits de la personne et de droits du travail et aggraverait la situation de collectivités déjà vulnérables.

Voici la déclaration que les dirigeants syndicaux canadiens ont prononcée devant une brochette de journalistes à la suite de leur rencontre avec des dirigeants de la centrale unie des travailleurs et travailleuses (CUT), l’une des trois centrales syndicales de la Colombie :

« En tant que dirigeants syndicaux représentant un million de travailleurs et travailleuses du secteur public du Canada, nous sommes venus en Colombie pour étudier la situation des droits de la personne et celle des droits des travailleurs et travailleuses parce que nos gouvernements respectifs négocient un accord de libre-échange.

À cette fin, nous nous sommes entretenus avec des représentants de nombreux secteurs de la société colombienne, notamment des représentants officiels du gouvernement, de la centrale unie des travailleurs et travailleuses et d’autres syndicats, des leaders de l’opposition, des représentants d’organisations non gouvernementales, de groupes représentant les Autochtones et les Afro-Colombiens de même qu’avec l’ambassadeur du Canada en Colombie.

Nous étions également présents pour entendre le tribunal populaire permanent rendre public son rapport final rédigé après deux années d’audiences menées dans six secteurs de l’économie de la Colombie. Les auteurs du rapport condamnent le gouvernement colombien et les sociétés transnationales pour les innombrables violations commises en matière de droits de la personne et de droits syndicaux.

Notre constat est accablant : un accord de libre-échange n’aidera en rien la population de la Colombie. Un tel accord ne fera qu’allonger une liste déjà épouvantable de cas d’abus en matière de droits de la personne et de droits des travailleurs et travailleuses, que réprouve la communauté internationale.

La Colombie demeure le pays le plus dangereux au monde pour les syndicalistes et militantes et militants de la société civile. En effet, depuis le début de l’année, 32 syndicalistes ont été assassinés. De plus, nous avons constaté que la Colombie ne possède aucun cadre juridique permettant la libre négociation collective.

À notre retour au Canada, nous allons aviser nos membres, au nombre d’un million, nos gouvernements et l’ensemble de la population du Canada qu’il est inacceptable de signer un accord de libre-échange avec la Colombie tant et aussi longtemps que les syndicalistes seront en danger et que le droit à la libre négociation collective de même que les droits de la personne et ceux des travailleurs et travailleuses ne seront pas respectés. »

Cette déclaration a été signée par Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique, John Gordon, président national de l’Alliance de la fonction publique du Canada et George Heyman, vice-président international du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public.

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Plus tôt dans la journée, les dirigeants syndicaux s’étaient réunis avec plusieurs sénateurs du parti de l’opposition, Polo Democratica Alternativa (PDA ou Polo), y compris la sénatrice Alexandra Lopez. Militante syndicale de longue date, Mme Lopez avait d’ailleurs assisté, en 2003, à une conférence des droits de la personne tenue à Toronto sous l’égide du SCFP.

Les sénateurs ont dit s’opposer sans équivoque à l’accord de libre-échange canado-colombien. « Nous ne croyons pas au libre-échange, un point c’est tout », a fait remarquer l’un d’entre eux. « Ce n’est pas une bonne façon de construire des rapports sains entre deux pays. Selon un autre sénateur : « Le libre-échange représente une nouvelle forme de colonisation. Et notre parti s’y oppose. »

Les sénateurs colombiens ont exhorté les dirigeants syndicaux à les aider à empêcher la destruction d’un village vieux de 400 ans par une entreprise minière canadienne (Colombia Goldfield) qui convoîte les gisements d’or découverts sous le village. En fait, il se peut que le gouvernement de la Colombie lui permette d’exploiter cette mine.
Les sénateurs ont offert leurs opinions sur plusieurs autres questions :
§ Ingrid Betancourt – « [Le président Alvaro] Uribe a mis à profit on ne peut mieux sa libération. »
§ Coopératives ouvrières – « Elles détruisent les relations entre employeur et employés », disent les sénateurs, offrant comme exemple la situation des travailleuses et travailleurs de cannaie et celle des travailleuses et travailleurs des tribunaux. »
§ Privatisation – « Les emplois des travailleuses et travailleurs des postes ont été décimés, passant de 3 000 à 300. Les postes dans l’enseignement subissent le même sort et 81 hôpitaux ont été privatisés. »
§ Uribe et les relations syndicales – « Uribe tente de déstabiliser les relations syndicales parce que les syndicats sont à l’avant-plan de l’opposition à son gouvernement. »
§ Uribe et Polo – « Uribe accuse faussement nos membres afin de nous jeter en prison. »
§ Statistiques annuelles : « Il y a des réalités qu’Uribe passe sous silence : 
- 5 000 morts dans les conflits armés;
- 26 000 décès par suite de conflits sociaux;
- 20 000 enfants morts de faim;
- 3 millions d’enfants non scolarisés. »
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Le groupe canadien a aussi rencontré des dirigeants de la CUT (centrale unie des travailleurs et travailleuses ), y compris le président Tarisco Mora et des membres du Comité exécutif de la centrale. Mora a fait remarquer aux dirigeants syndicaux canadiens que la CUT, l’une des trois centrales syndicales de la Colombie, comptait à ses débuts 1,5 million de membres, alors qu’aujourd’hui, elle n’en a que 460 000.
« De plus, la Colombie, dit-il, est peut-être le seul pays du monde n’ayant pas de ministre du Travail. Ce ministère a été remplacé par celui de la Protection sociale. »
Les dirigeants de la CUT se sont aussi exprimés sur d’autres questions :
§ Création de syndicats – « Dans notre pays, dit Mora, il est plus facile de créer un groupe paramilitaire que d’établir un syndicat, »
§ Aide procurée aux travailleuses et travailleurs par l’ambassade du Canada – « Autrefois, l’ambassade aidait les famillles menacées; aujourd’hui, elle accueille des paramilitaires », dit l’un des membres du Comité exécutif de la CUT.
§ Opposition publique des dirigeants syndicaux canadiens à l’accord de libre-échange – « C’est une aide inestimable à tous les Colombiens », dit le président Mora.
§ Éventuelle quatrième centrale syndicale – « L’idée suscite peu d’intérêt, sauf chez les dirigeants syndicaux qui représentent les patrons. »
§ Déclaration tripartitre du gouvernement Uribe voulant l’amélioration de la situation des syndicalistes – « C’est une autre manigance visant à convaincre la communauté internationale que les investisseurs n’ont pas à craindre la Colombie. Cette déclaration vise à faire oublier que 30 militants syndicaux ont été assassinés cette année. D’ici quelque mois, 30 autres seront morts, et le gouvernement fera une autre déclaration semblable. Rien n’aura changé. »
§ Visite des dirigeants syndicaux : « Votre présence ici est la preuve par excellence que nous ne sommes pas seuls. »
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Dans un contexte tout à fait autre, les dirigeants syndicaux se sont aussi réunis avec le ministre de l’Intérieur du gouvernement colombien, Fabio Valencio, accompagné de vice-ministres, dont celui chargé du portefeuille du travail.

Le ministre n’a pas manqué de signaler d’emblée la déclaration tripartite sur l’amélioration des rapports avec les syndicats. Mais il s’est tout aussitôt empressé de soutenir que le commerce et l’investissement devaient passer avant l’amélioration des droits du travail, question, selon lui, « de la poule ou de l’œuf ».

Valencio a dressé un portrait flatteur des réalisations du gouvernement Uribe : baisse du chômage, recul du nombre d’assassinats, renforcement de la confiance des investisseurs, plus forte croissance économique. Selon lui, on ne pouvait pas comparer la Colombie au Canada ou à l’Europe. « Le gouvernement affronte des organisations terroristes de la droite comme de la gauche, dit-il. Et le problème de la drogue transcende tous les autres enjeux. »

Néanmoins, les dirigeants canadiens ne se sont pas laissés leurrer.

« Quand la Colombie se mettra-t-elle à respecter les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail, qui agit au nom des Nations Unies? » a demandé Paul Moist, président national du SCFP. « D’après ce que nous avons appris, 95 pour cent des travailleuses et travailleurs de votre pays n’ont pas de convention collective exécutoire. Tant que cette situation durera, nous ne pouvons pas soutenir un accord de libre-échange. »

Le ministre n’a pas du tout caché son mécontentement en apprenant que le groupe de dirigeants syndicaux allait, une fois de retour Canada, se déclarer contre la signature d’un accord de libre-échange.

« Selon nous, le libre-échange n’améliorera pas les droits de la personne, » a déclaré  Denis Lemelin, président national du STTP, au ministre Valencio. « Il y a une différence importante entre libre-échange et commerce équitable. Le libre-échange ne concerne que l’investissement. »

Les dirigeants syndicaux ont quitté la Colombie le 25 juillet dernier.

Politiques du gouvernement Uribe : les peuples autochtones de la Colombie en subissent le contrecoup

Le 21 juillet dernier, dans le cadre de leur tournée en Colombie, les dirigeants syndicaux du secteur public du Canada ont visité la réserve autochtone La Maria Pendiamo, située à environ deux heures de route de Cali.

Une centaine d’habitants de la réserve se sont joints aux dirigeants syndicaux pour discuter de leur situation sous le gouvernement Uribe, notamment les méthodes que ce dernier favorise pour restreindre leurs libertés.

Lors de la réunion, qui s’est déroulée en plein air, Luis Evelis Andrade Casama, président du syndicat national des peuples autochtones(ONIC), a présenté les intervenants en dénonçant avec vigueur les méthodes du gouvernement Uribe. « Uribe tente de nous imposer un modèle néolibéral. Il parle de liberté comme d’un concept qui s’applique aux propriétaires privés. Mais qu’en est-il de nous? »

Toujours selon M. Casama : « Uribe craint la possibilité de soulèvement de la part des dépossédés, comme nous. Il n’a aucun respect pour les droits fondamentaux et les libertés prévus dans une démocratie. Il a inventé ce que nous appelons les lois ‘saucisses’, c’est-à-dire que toutes les bonnes choses profitent aux riches. »

Il poursuit en affirmant que le secteur minier est derrière l’accord de libre-échange avec le Canada. « Nous croyons que le gouvernement canadien veut conclure un accord de libre-échange parce que les sociétés minières y trouveraient leur compte. Il nous faut l’aide des syndicats canadiens du secteur minier pour faire face à ce problème. »

Les habitants de la région, appelée Cauca, se mobilisent pour reprendre possession de leurs terres. Ils craignent qu’un accord de libre-échange entraîne encore davantage la destruction de leur environnement et les prive de leurs droits d’accès à l’eau.

Selon un intervenant : « S’il y a accord de libre-échange, la superficie des terres perdues sera encore plus grande qu’elle ne l’est actuellement. Nous avons déjà perdu nos droits. Le libre-échange nous sera préjudiciable. ».

Selon un autre intervenant : « À la base, notre lutte est dirigée contre le nouveau modèle économique qu’on nous impose, en particulier la privatisation de l’eau. »

Les dirigeants syndicaux canadiens ont promis de dire à la population du Canada que la situation en Colombie est pire que ce que le premier ministre Harper laisse entendre. Ce que les dirigeants syndicaux ont vu et entendu contredit l’opinion du premier ministre selon laquelle les problèmes en matière de droits de la personne ne sont pas une préoccupation majeure.

Selon un intervenant autochtone : « Un accord de libre-échange ne profitera qu’à un petit nombre. Ça ne nous aidera pas à obtenir plus de droits. Ça ne nous aidera pas non plus à être Autochtones au sein des nations autochtones. »

Selon un autre intervenant : « On s’est approprié la Colombie. Nous devons dire NON aux grandes sociétés qui exploitent les ressources à grande échelle. »

Un autre intervenant a ajouté : « Une stratégie de répression commande une stratégie de résistance pour se défendre. »
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Plus tôt dans la journée, les dirigeants syndicaux ont rencontré des représentants du CRIC, le conseil régional de Cauca, mis sur pied en 1971 pour protéger les petites collectivités autochtones et défendre les droits des Autochtones.

Un des représentants du CRIC a parlé de leurs terres qui ont été inondées et pour lesquelles aucune indemnité n’a été versée, de l’éradication de leur culture ancestrale ainsi que des nombreux problèmes sociaux engendrés par la pauvreté. « Les grands monopoles menacent les droits de tous les peuples autochtones du territoire. Mais nous leur opposons notre résistance en occupant les grandes exploitations agricoles qui se trouvent sur les terres qui nous appartenaient autrefois. »

Il a expliqué que depuis les années 1980, suite aux privatisations accrues, les grandes sociétés minières ont eu de plus en plus besoin d’eau. En 1984, un barrage a été achevé dans la région. Résultat : les terres des Autochtones ont été inondées, mais ces derniers n’ont jamais été indemnisés.

La société multinationale espagnole responsable du barrage avait promis de meilleurs services, mais ces promesses ne se sont jamais concrétisées. Le CRIC continue de se battre pour que le gouvernement remplisse ces promesses.

Une autre représentante du CRIC a accusé le gouvernement Uribe de mentir à la communauté internationale à propos de la situation en Colombie. Selon elle, le gouvernement Uribe rend permanent le processus historique d’extermination. « C’est comme si l’esclavage était de retour », a-t-elle ajouté.

Les dirigeants syndicaux canadiens sont Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique, John Gordon, président national de l’Alliance de la fonction publique du Canada et George Heyman, vice-présidente international du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public.

Cette semaine, le groupe poursuit sa tournée. Au programme, des réunions et des visites au cours desquelles ils discuteront des droits de la personne, des droits dans le domaine du travail, s’informeront des conditions de travail et échangeront des points de vue sur le libre-échange et l’absence de garanties en matière de droits du travail et de droits de la personne. Les dirigeants syndicaux prévoient s’entretenir avec l’ambassadeur canadien sortant, de hauts fonctionnaires et des membres de l’opposition. Avec des syndicalistes du secteur public, ils discuteront aussi de privatisation et d’autres problèmes.

Les dirigeants seront de retour au Canada le 25 juillet.

La libre négociation collective n’existe pas en Colombie

Les dirigeants syndicaux du secteur public du Canada poursuivent leur tournée en Colombie. Le 20 juillet, ils étaient à Cali, où des dirigeants syndicaux du secteur universitaire leur ont présenté un bilan de la libre négociation collective : elle est totalement absente des campus.

Carlos Gonzalez, président de SINTRAUNICOL, a décrit les innombrables problèmes auxquels se heurtent les travailleuses et travailleurs universitaires. L’absence troublante de droits de négociation collective figure en tête de liste. Les employeurs ne tiennent tout simplement pas compte des propositions syndicales.

Toutefois, la principale préoccupation demeure la sécurité personnelle. Selon le confrère Gonzalez, une centaine de militantes et militants syndicaux universitaires ont été tués au cours des six dernières années. Souvent, au cours de manifestations sur les campus, des membres se font arrêter. Et la menace de privatisation est partout présente.

Carlos Gonzalez a participé au congrès national du SCFP qui s’est tenu à Toronto en octobre 2007. Sa présentation a porté sur la répression que subissent les Colombiens sous la direction du président Alvaro Uribe.

Toute la semaine, les dirigeants syndicaux canadiens se sont fait dire et redire que la répression et les attaques de l’État à l’endroit des syndicats sont en hausse. La situation n’est pas près de s’améliorer, puisque le président Uribe cherche à se maintenir au pouvoir à la fin de son mandat. La guerre contre les droits syndicaux fait rage et elle se manifeste sous forme de harcèlement systématique et de menaces de mort.

Au cours de séances d’information tenues un peu plus tôt dans la semaine avec NOMADESC (une ONG soutenue par le SCFP et le syndicat des fonctionnaires de la Colombie-Britannique qui est affilié au SNEGSP), et l’École syndicale nationale, les dirigeants ont été informés d’une autre tactique utilisée par le gouvernement Uribe pour abolir les syndicats. Sous ce gouvernement, quelque 12 000 coopératives de travailleurs et travailleuses se sont emparés des emplois du secteur public. Toutefois, dans ce cas-ci, le terme « coopérative » est trompeur.

Ces coopératives n’offrent aucune protection aux travailleurs et travailleuses et elles mettent sérieusement en péril tout espoir de rétablir le processus de négociation collective en Colombie. De coopérative, elles n’ont que le sens suivant : elles coopèrent avec les employeurs et le gouvernement à supprimer toute justice en milieu de travail et à anéantir tout rêve de gagner un salaire raisonnable. Aujourd’hui en Colombie, il y a beaucoup moins de conventions collectives qu’il y en avait en 2002 quand Uribe est arrivé au pouvoir.

Les dirigeants syndicaux canadiens ont pu constater l’importance d’un simple geste de solidarité internationale. Les syndicalistes universitaires ont remercié le SCFP d’avoir rédigé une lettre au sujet d’arrestations qui s’étaient produites en avril dernier à Cali.

Jose Milciades Sanchez Ortiz, membre du SINTRAUNICOL, a été arrêté pour avoir filmé la violence policière au cours d’une manifestation étudiante à l’université de Valle. L’escouade anti-émeute l’a roué de coups, lui a tiré une capsule lacrymogène dans le bras, l’a menacé de l’arrêter et a saccagé sa caméra et la preuve enregistrée sur la bande. Quand il s’est présenté au poste de police, il a vu la lettre du SCFP sur un bureau. Grâce à cette lettre, soutient-il, il a évité que de fausses accusations ne soient portées contre lui.

Les dirigeants syndicaux canadiens sont Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique, John Gordon, président national de l’Alliance de la fonction publique du Canada et George Heyman, vice-président international du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public.

Cette semaine, le groupe poursuit sa tournée. Au programme, des réunions et des visites au cours desquelles ils discuteront des droits de la personne, des droits dans le domaine du travail, s’informeront des conditions de travail et échangeront des points de vue sur le libre-échange et l’absence de garanties en matière de droits du travail et de droits de la personne. Les dirigeants syndicaux prévoient s’entretenir avec l’ambassadeur canadien sortant, de hauts fonctionnaires et des membres de l’opposition. Avec des syndicalistes du secteur public, ils discuteront aussi de privatisation et d’autres problèmes.

Les dirigeants seront de retour au Canada le 25 juillet.

Thursday, July 24, 2008

Leaders say free trade will hurt, not help Colombia

Free trade with Colombia will lead to worse human and labour rights abuses and further devastation of communities at risk, Canada’s public sector leaders said at a news conference in Bogota on July 24.

Here is the statement the leaders made to several Colombian media reporters following a meeting with leaders of the United Central of Workers (CUT), one of three central labour bodies:

“As the leaders of one million Canadian public sector workers, we have come to Colombia to examine human and labour rights as our governments negotiate a free trade agreement.

“We have met with many sectors of Colombian society, including government officials, the United Central of Workers (CUT) and other trade unions, opposition leaders, non-governmental organizations, groups representing indigenous and Afro-Colombian peoples as well as the Canadian ambassador.

“We also were present to hear the final report of the Permanent People’s Tribunal following two years of hearings in six sectors of the Colombian economy. The report condemned the Colombian government and transnational coporations for countless violations of human and trade union rights.

“Our overwhelming conclusion is that a free trade agreement will not help the Colombian people. It will only exacerbate an already horrifying list of human and labour rights abuses that are shocking the world.

“Colombia continues to be the most dangerous country on earth for trade unions and civil society activists. Since the beginning of 2008, 32 trade unionists have been assassinated. We have also observed that Colombia has no juridical framework that permits free collective bargaining.

“On our return to Canada, we will tell our one million members, our government and all Canadians that it is unacceptable to sign a free trade agreement with Colombia as long as trade unionists are at risk and free collective bargaining and other labour and human rights continue to be violated.”

The statement was signed by Denis Lemelin, national president of the Canadian Union of Postal Workers, Paul Moist, national president of the Canadian Union of Public Employees, John Gordon, national president of the Public Service Alliance of Canada and George Heyman, international vice-president of the National Union of Public and General Employees.

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Earlier, leaders met with several Senators from the opposition party Polo Democratica Alternativa (PDA or Polo), including Senator Alexandra Lopez, a long-time labour activist who attended a CUPE human rights conference in 2003 in Toronto.

The Senators were unequivocal in their opposition to a Canada-Colombia free trade agreement. “We don’t believe in free trade period,” said one. “It’s simply a bad way to develop healthy relations between two nations.” Another said “Free trade is a new form of colonization and the Polo rejects it.”

They called on the leaders to help them stop the destruction of a 400-year-old village by a Canadian mining company (Colombia Goldfield) that wants to mine the gold they have found underneath the village. And the Colombian government could let them do it.

On Ingrid Betancourt: “Her release was super well used by [President Alvaro] Uribe.”

On worker cooperatives: “They destroy worker-employer relations.” The Senators cite what is happening to cane workers and court workers among others.

On privatization: Postal workers went from 3,000 to 300 and many teachers’ jobs are going the same way; 83 hospitals have fallen into private hands.

Yearly statistics: 5,000 people die in the armed conflict; 26,000 die in the social conflict; 20,000 children die of hunger; 3million children get no access to education. “The president hides these realities.”

On Uribe and labour relations: “Uribe’s is trying to destabilize labour relations because labour is in the forefront of opposition to his government.”

On Uribe and the Polo: “Uribe’s intention is to falsely accuse our members and to put us in jail.”
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The Canadian group also met with CUT President Tarisco Mora and executive members of the CUT, one of three central labour bodies in Colombia. The CUT had 1.5 million members at its founding, Mora told the leaders. It now has 460,000.

“Colombia may be the only country in the world that does not have a labour minister,” he said. The Ministry of Social Protection has replaced the old Ministry of Labour.

On organizing unions: “It is easier to form a paramilitary gang than it is to form a trade union in this country,” Mora noted.

On Canadian Embassy assistance for workers: “The role of the Canadian Embassy has changed from being helpful at assisting threatened families to receiving paramilitaries,” said one of the executive.

On the leaders’ public opposition to the free trade agreement: “A great help to all Colombians,” Mora said.

On the idea of a fourth labour central: “There is little interest except from the union leaders who represent the bosses.”

On the Uribe government’s tripartite declaration to improve the situation for trade unionists: “It is another trick to persuade the international community that Colombia is safe for investment. Thirty trade unionists have been killed this year, so they have issued this declaration. In another few months, 32 more will die and then they will issue another similar declaration. Nothing will have changed.”

On the leaders’ visit: “Your presence here is a clear demonstration that we are not alone.”
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In vivid contrast to these meetings, the leaders also met with Fabio Valencio, Colombia’s Minister of the Interior, and an entourage of deputy or vice-ministers, one of them responsible for labour.

The minister was quick to unfold his notes on the tripartite declaration on improving the labour situation, but he was equally quick to argue that trade and investment come before labour rights improvements. He called it a “chicken and egg question”: investment or labour rights?

Valencio painted a rosy picture of the Uribe government’s achievements – lower unemployment, fewer assassinations, higher investment confidence, stronger economic growth. He stressed that it was not possible to compare Colombia to Canada or Europe. “The government is fighting terrorist organizations on the right and the left,” he said, and “the drug problem cuts through all other questions.”

But the Canadian leaders weren’t buying it.

“When will Colombia begin to respect the basic conventions of the United Nations’ International Labour Organization?” CUPE National President Paul Moist asked. “From what we have learned, 95 per cent of Colombian workers do not have an enforceable collective agreement. Until that happens, we cannot accept a free trade agreement.”

The minister was clearly upset when he learned that the leaders’ group would return to Canada with an anti-free-trade message.

“We don’t believe free trade will improve human rights,” National CUPW present Denis Lemelin told the minister. “There is a major difference between free trade and fair trade. Fair trade means respecting human and labour rights. Free trade is only about investment.”
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The leaders leave Colombia on July 25.


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RV

People’s Tribunal condemns Colombian government

After two years of hearings, the Permanent People’s Tribunal delivered its final judgment on Colombia’s human and labour rights record to a crowd of over 2,000 people in Bogota on July 23 and Canada’s public sector union leaders were there to witness it. What they heard confirmed all that they had learned during their week-long tour.

The tribunal, which examined six sectors of the economy: food production, mining, biodiversity, oil, public services, and the genocide of indigenous peoples, was soon interrupted by a dozen hooded students who ushered them off the stage at Che University Centre.

They took over the meeting momentarily, moving Argentinian Nobel peace laureate Adolfo Perez Esquivel out of the chair along with the other distinguished panelists. The students issued their own list of judgments and demands, and the dramatic theatrical interlude drove home the deep sense of outrage that they and others share for the current government and for the armed conflict it has supported with its policies.

Periodically throughout the tribunal’s report, the names of the dead and disappeared were shouted from around the large hall and then shouts of “presente, presente, presente” to indicate that those murdered members of society were there in spirit and waiting to hear their killers judged.

When reporting resumed, the audience heard the full extent of the terror the Colombian people have faced. It is an “economic laboratory”, the damning report said, and the result has been thousands of deaths and disappearances, millions of displaced people, the destruction of the environment and the trade union movement, and a wholesale selloff of the country to transnational corporations.

The tribunal held dozens of transnationals responsible for these “crimes against humanity” and pledged to send its findings to the International Court and the governments of more than 100 countries where the transnationals operate. But it reserved its strongest indictment for the Colombian government.

President Alvaro Uribe government’s “democratic security doctrine” has paved the way for mass exploitation, allowing corruption to run unchecked, the tribunal said. Sixty members of the Congress and Senate are being investigated for illegal activities, including involvement in paramilitary death squads. Among those being investigated is Uribe’s own cousin.

The government consciously assisted in the creation of a paramilitary system that led to forced takeovers of large portions of land for the growing of coca to supply the $5 billion annual cocaine-exporting business.

The Uribe government is complicit in the murder or displacement of thousands of rural peasants, Afro-Colombians and aboriginal peoples. With nowhere to go, the displaced populate the large cities, living in slums with few services. The tribunal also charged the government with the near genocide of 18 indigenous communities.

The companies act with impunity from far off world capitals while the Uribe government does their dirty work, the tribunal said. They expropriate the land with the help of the paramilitaries, slash, burn and poison to grow cash crops like African palm and bananas for export, leaving no room for domestic food production. In the process, the land and waterways are contaminated with herbicides and other chemicals.

The global financial institutions are equally guilty for having pushed privatization as an economic miracle worker, the tribunal noted, citing World Bank reports that there is $2.8 billion in state corruption in Colombia.

The mass privatizing of most public services and the near annihilation of trade unions has left workers with no hope of ever earning a living wage under the current system of so-called worker cooperatives and contract employees, the tribunal said.

“Impunity is the rule here,” Esquivel concluded, shouting “no more impunity for any crime against humanity.”

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Earlier, the leaders met with United Nations human rights commissioner Javier Hernandez and the Uribe government-appointed public defender Volmar Perez Ortiz.

The high commissioner spelled out some of the reasons why Colombian trade unionists have been getting killed in greater numbers than anywhere else in the world. Much of the violence is associated with labour disputes and some is linked to the lucrative drug trade, he said, stressing its influential role in the Colombian economy.

He gave the flower industry as one example. The drug traffickers in the largest cocaine-producing country in the world (600 tons a year) may decide to have the stems of flowers stuffed with the drug so that it can be exported undetected. A union leader who threatens the steady flow of the cocaine-laced flowers to their markets in the north is at risk.

The public defender described the work of his office in trying to protect the country’s most vulnerable people, many of whom were listed in the tribunal’s report.

The leaders asked about the safety of local defenders, many of them young students working in the most dangerous parts of the country. When a public defender’s staff member suggested that they could develop a plan for ensuring their safety, the public defender agreed. The staff member, also a trade union leader, credited the leaders with getting the agreement to proceed.

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In the evening, the leaders visited the new headquarters of the National Union of Postal Workers (STPC) to see a presentation on the impacts of the privatization of the postal service and how the union is rebuilding tenaciously from the ground up. Unique in its approach, the STPC has created a foundation for political and social action and a social service arm to assist unemployed postal workers and their families.

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The Canadian union leaders are Denis Lemelin, national president of the Canadian Union of Postal Workers, Paul Moist, national president of the Canadian Union of Public Employees, John Gordon, national president of the Public Service Alliance of Canada and George Heyman, international vice-president of the National Union of Public and General Employees.

The group continues its tour of Colombia this week, meeting government officials and holding a news conference at the CUT labour central. The leaders return to Canada on July 25.

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RV