Les dirigeants syndicaux du secteur public du Canada poursuivent leur tournée en Colombie. Le 20 juillet, ils étaient à Cali, où des dirigeants syndicaux du secteur universitaire leur ont présenté un bilan de la libre négociation collective : elle est totalement absente des campus.
Carlos Gonzalez, président de SINTRAUNICOL, a décrit les innombrables problèmes auxquels se heurtent les travailleuses et travailleurs universitaires. L’absence troublante de droits de négociation collective figure en tête de liste. Les employeurs ne tiennent tout simplement pas compte des propositions syndicales.
Toutefois, la principale préoccupation demeure la sécurité personnelle. Selon le confrère Gonzalez, une centaine de militantes et militants syndicaux universitaires ont été tués au cours des six dernières années. Souvent, au cours de manifestations sur les campus, des membres se font arrêter. Et la menace de privatisation est partout présente.
Carlos Gonzalez a participé au congrès national du SCFP qui s’est tenu à Toronto en octobre 2007. Sa présentation a porté sur la répression que subissent les Colombiens sous la direction du président Alvaro Uribe.
Toute la semaine, les dirigeants syndicaux canadiens se sont fait dire et redire que la répression et les attaques de l’État à l’endroit des syndicats sont en hausse. La situation n’est pas près de s’améliorer, puisque le président Uribe cherche à se maintenir au pouvoir à la fin de son mandat. La guerre contre les droits syndicaux fait rage et elle se manifeste sous forme de harcèlement systématique et de menaces de mort.
Au cours de séances d’information tenues un peu plus tôt dans la semaine avec NOMADESC (une ONG soutenue par le SCFP et le syndicat des fonctionnaires de la Colombie-Britannique qui est affilié au SNEGSP), et l’École syndicale nationale, les dirigeants ont été informés d’une autre tactique utilisée par le gouvernement Uribe pour abolir les syndicats. Sous ce gouvernement, quelque 12 000 coopératives de travailleurs et travailleuses se sont emparés des emplois du secteur public. Toutefois, dans ce cas-ci, le terme « coopérative » est trompeur.
Ces coopératives n’offrent aucune protection aux travailleurs et travailleuses et elles mettent sérieusement en péril tout espoir de rétablir le processus de négociation collective en Colombie. De coopérative, elles n’ont que le sens suivant : elles coopèrent avec les employeurs et le gouvernement à supprimer toute justice en milieu de travail et à anéantir tout rêve de gagner un salaire raisonnable. Aujourd’hui en Colombie, il y a beaucoup moins de conventions collectives qu’il y en avait en 2002 quand Uribe est arrivé au pouvoir.
Les dirigeants syndicaux canadiens ont pu constater l’importance d’un simple geste de solidarité internationale. Les syndicalistes universitaires ont remercié le SCFP d’avoir rédigé une lettre au sujet d’arrestations qui s’étaient produites en avril dernier à Cali.
Jose Milciades Sanchez Ortiz, membre du SINTRAUNICOL, a été arrêté pour avoir filmé la violence policière au cours d’une manifestation étudiante à l’université de Valle. L’escouade anti-émeute l’a roué de coups, lui a tiré une capsule lacrymogène dans le bras, l’a menacé de l’arrêter et a saccagé sa caméra et la preuve enregistrée sur la bande. Quand il s’est présenté au poste de police, il a vu la lettre du SCFP sur un bureau. Grâce à cette lettre, soutient-il, il a évité que de fausses accusations ne soient portées contre lui.
Les dirigeants syndicaux canadiens sont Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique, John Gordon, président national de l’Alliance de la fonction publique du Canada et George Heyman, vice-président international du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public.
Cette semaine, le groupe poursuit sa tournée. Au programme, des réunions et des visites au cours desquelles ils discuteront des droits de la personne, des droits dans le domaine du travail, s’informeront des conditions de travail et échangeront des points de vue sur le libre-échange et l’absence de garanties en matière de droits du travail et de droits de la personne. Les dirigeants syndicaux prévoient s’entretenir avec l’ambassadeur canadien sortant, de hauts fonctionnaires et des membres de l’opposition. Avec des syndicalistes du secteur public, ils discuteront aussi de privatisation et d’autres problèmes.
Les dirigeants seront de retour au Canada le 25 juillet.
Friday, July 25, 2008
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