Le 19 juillet dernier, avant de rendre visite aux personnes déplacées de la communauté de La Onda, à Medellin, les dirigeants des quatre grands syndicats canadiens ont assisté à deux présentations intensives sur la gravité de la situation en Colombie. Conclusion de tous les orateurs : la situation est pire que jamais.
Les dirigeants nationaux du SCFP, du STTP et de l’AFPC et le vice-président international du SNEGSP ont rencontré des représentantes et représentants de la fédération nationale des travailleuses et travailleurs du secteur public, ainsi que des membres de l’association des travailleuses et travailleurs du système juridique, du bureau du vérificateur et de syndicats de la santé.
« Un million de personnes ont disparu et la persécution syndicale se poursuit sans arrêt », a indiqué Mariano Jose Guerra, président de la fédération nationale des travailleuses et travailleurs du secteur public. « Malgré la répression, a-t-il ajouté, la solidarité exprimée à l’échelle mondiale nous permet d’être beaucoup plus fort ». Le confrère Guerra est aussi avocat pour les victimes de la répression.
Une jeune syndicaliste a expliqué qu’elle venait tout juste de recevoir une lettre de son employeur qui menace de la congédier en raison de la campagne de syndicalisation qu’elle a menée. Les menaces proférées à l’endroit des syndicalistes ont obligé un grand nombre d’entre eux à recourir aux services de gardes du corps. Ils sont systématiquement la cible de harcèlement, d’enlèvement et de meurtre.
La deuxième présentation s’est déroulée à l’école syndicale nationale, qui obtient l’appui de nombreux syndicats internationaux, dont le Congrès du travail du Canada.
Avec la remontée soudaine de la popularité du président Uribe, attribuable à la libération d’otages de grande renommée détenus par la guérilla, les représentantes et représentants de l’école craignent que le président ne cherche un moyen de contester la constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat à la tête du pays.
Ils ont aussi indiqué que le président Uribe appuyait la création de milliers de coopératives de travailleurs et travailleuses qui, selon les critiques, sont antisyndicales et ne sont qu’un moyen de réduire les salaires et de supprimer les droits des travailleurs et travailleuses. D’autres mesures du gouvernement viendront affaiblir davantage un mouvement syndical déjà aux prises avec d’importantes contraintes imposées à la négociation collective et à la syndicalisation.
Cette semaine, le groupe poursuit sa tournée. Au programme, des réunions et des visites au cours desquelles ils discuteront des droits de la personne, des droits dans le domaine du travail, s’informeront des conditions de travail et échangeront des points de vue sur le libre-échange et l’absence de garanties en matière de droits du travail et de droits de la personne. Les dirigeants syndicaux prévoient s’entretenir avec l’ambassadeur canadien sortant, de hauts fonctionnaires et des membres de l’opposition. Avec des syndicalistes du secteur public, ils discuteront aussi de privatisation et d’autres problèmes.
Les dirigeants seront de retour au Canada le 25 juillet.
-30-
RV
Subscribe to:
Post Comments (Atom)
No comments:
Post a Comment